Partenaires

CNRS
Logo tutelle Logo tutelle
Logo tutelle Logo tutelle
Logo tutelle


Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site >

Contexte du projet

par Aucouturier Jean-Luc - 18 novembre 2004

La fertilisation du domaine côtier grâce aux apports d’éléments nutritifs d’origine continentale par les fleuves est un phénomène avéré, mais, à l’heure actuelle, il n’existe pas de schéma fonctionnel établi décrivant la relation entre les modalités de transfert des apports fluviatiles et la transformation de la matière organique et son rôle dans les réseaux trophiques marins. En Méditerranée, en particulier, outre des fleuves permanents d’importance variée, de nombreux fleuves intermittents, dont l’importance reste peu documentée, alimentent la zone littorale lors de crues impulsionnelles. Ces fleuves intermittents stimulent la production phytoplanctonique (Guizien et al., 2007) dans ce milieu réputé oligotrophe et contribuent vraisemblablement à soutenir la productivité du réseau trophique. Cependant, le littoral continental de la Méditerranée Nord-Occidentale (arc italo-franco-espagnol) supporte également des usages anthropiques spécifiques communs : la viticulture et le tourisme, susceptibles d’avoir des impacts négatifs sur le littoral marin. En effet, le lessivage des bassins versants viticoles lors des crues éclair entraînent en mer une variété de contaminants chimiques (cuivre et polluants organiques). Par ailleurs, la modification rapide de la charge hydraulique lors des crues éclair conduit souvent à des dysfonctionnements des stations d’épuration des communes littorales, entraînant des rejets importants de micro-organismes pathogènes d’origine entérique dans le milieu naturel. De ces constatations, il découle une interrogation globale sur la façon dont l’écosystème du littoral marin de la Méditerranée Nord-Occidentale se structure dans l’espace et le temps lors des crues éclair, sous l’emprise de facteurs stimulant (fertilisation par les apports de sels nutritifs) et potentiellement inhibant (apports de contaminants chimiques). Mais au-delà de la description du mode de fonctionnement actuel, l’objectif est bien de s’interroger sur les possibilités d’évolution de la réponse marine face à des modifications des forçages naturels (contexte d’un changement climatique) ou des usages anthropiques (évolution de la partition viticulture/urbanisation côtière). Dans ce contexte, le projet de recherche sera réalisé sur le site de la Baie de Banyuls-sur-mer (France – 66, Figure 1) qui est directement sous l’influence d’un bassin versant (Baillaury) supportant des usages viticoles et touristiques. De plus, la configuration semi-fermée de la baie de Banyuls-sur-mer permet d’observer une réponse préférentielle aux apports locaux, en l’isolant en partie des apports des fleuves allochtones. Enfin, sur ce site situé à la frontière sud-ouest du Golfe du Lion (partie marine de la zone ORME), un suivi hebdomadaire de paramètres biogéochimiques essentiels (T, S, MES, sels nutritifs, Chla sont mesurés à 3 m du fond et 3 m de la surface sur un fond de 26 m) est maintenu depuis 10 ans par le Service d’Observation du Laboratoire Arago (SOLA) dans le cadre du réseau national SOMLIT.

Dans la même rubrique :