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Etat de l’art

Les travaux d’observation (e.g. Wawrik et al, 2004, Pujo-Pay et al., 2006) ou de modélisation (e.g. Lenhart et al., 1997) de l’impact en mer des apports continentaux ont jusqu’à présent principalement concerné les apports par les fleuves majeurs et le plus souvent en régime normal. Or, de nombreux fleuves du pourtour Méditerranéen présentent un régime typique avec des débits moyens faibles ponctués par des crues dites éclair lors d’évènements météorologiques convectifs brefs mais intenses et durant lesquelles le débit est souvent multiplié par 10 (Estrela et al., 2001). Dans ce cadre, les fleuves intermittents représentent un paradigme de ce régime typique dont pourtant seul l’hydrologie est pour le moment bien décrite (UNEP/MAP 2003). En effet, les apports en sels nutritifs lors des crues éclair sont encore trop rarement décrits (Tournoud et al. 2006) et leur impact en mer souvent négligé. Pourtant, des efflorescences fugaces mais de fortes amplitudes dans un système habituellement oligotrophe sont observées régulièrement (Charles et al., 2005) et ont pu être relié aux apports de fleuves intermittents (Guizien et al., 2007). Cette étude suggère que ces efflorescences ne reposent pas uniquement sur des apports inorganiques sous forme dissoute, mais également sur l’existence d’un recyclage rapide du phosphore organique dans la zone littorale. La dynamique de la partition du phosphore a été étudiée dans d’autres environnements (Suzumura and Ingall, 2004) mais jamais à notre connaissance lors de ce type d’évènements. De plus, la diversité phytoplanctonique des efflorescences printanières de la côte Catalane semble avoir évolué avec la diminution relative de l’espèce Skeletonema costatum (Charles et al., 2005). Or, la dominance d’une espèce peut varier suivant que les apports sont continus ou pulsés (Olsen et al., 1989, Grover, 1991c). Récemment, l’étude numérique de Yamamoto et Hata (2004) a montré que les apports pulsés favorisaient la coexistence des trois espèces S. costatum, Gymnodinium catenatum et Chattonella antiqua. Par ailleurs, les apports brutaux lors des crues éclair se caractérisent par leur forte charge particulaire (UNEP/MAP 2003). Or la phase particulaire est le support de nombreux contaminants, et en particulier le cuivre largement utilisé comme fongicide sur les bassins versants viticoles (Lafforgue, 1928, Flores Velez, 1996), qui peut s’avérer directement toxique pour la flore et la faune marine à forte dose (Flemming and Trevors, 1989), mais également à plus faible dose être intégré dans le réseau trophique marin et s’y accumuler. Toutefois, l’impact est également dépendant de la spéciation du cuivre, c’est-à-dire (i) soit associé à la structure cristalline où il peut être considéré comme inerte, et (ii) soit faiblement lié à la phase particulaire sous différentes formes (Teissier et al., 1979 ; Leleyter et Probst, 1999) (échangeable, lié aux carbonates ou oxydes, complexé à la matière organique), donc potentiellement accessibles aux organismes. Ainsi, sur les fleuves de Patagonie, Gaiero et al. (2003), ont montré que la fraction lessivable du cuivre sur les matières en suspension ou sur les sédiments de fond représentait 20 à 50% du cuivre particulaire total, suivant les fleuves. De même, Ribolzi et al. (2002) ont observé des quantités non négligeables de cuivre labile transféré d’un bassin versant viticole Méditerranéen vers la rivière lors d’une crue. De plus, les travaux récents de Roussiez (2006) montrent la diminution brutale de la fraction échangeable de Cu particulaire à l’interface continent/mer suggérant un relargage vers la phase dissoute, facilitant le transfert trophique vers les producteurs primaires par exemple. Ce transfert trophique peut s’accompagner suivant les espèces assimilantes d’un fractionnement isotopique du cuivre (Pokrovsky et al., en révision). Enfin, les fleuves côtiers participent également aux transferts de bactéries pathogènes en milieu marin qui sont alors qualifiés de rejets diffus par opposition aux apports ponctuels de station d’épuration (Baudart et al., 2000). Dans l’environnement marin, ces microorganismes sont soumis à des phénomènes physiques de dispersion mais sont également exposés à des contraintes (température, salinité, exposition au rayonnement solaire) qui vont conditionner leur devenir physiologique. Les cellules peuvent alors rapidement évoluer vers des états viables mais non cultivables (états VNC) et ne plus être détectables par les méthodes culturales utilisées en microbiologie sanitaire (Baudart et al., 2005). La plupart des études qui ont contribué à la découverte de ces états VNC ont été réalisées en conditions expérimentales et on connaît aujourd’hui très peu de chose quant à l’existence des états VNC en milieu naturel (Baudart et al., 2005).

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